L’Uruguay fait le pari de la qualité…

Dernier venu dans le cercle restreint des producteurs de vin du Nouveau Monde, l’Uruguay exporte depuis les années 90 en Amérique latine, aux Etats-Unis, en Europe et dans certains pays du Golfe.

Selon les chiffres de l’Institut National de Viticulture (Inavi), entre 2004 et 2008, les exportations de vin uruguayen ont été multipliées par dix en volume et par trois en valeur, passant de 1,2 millions de litres pour une valeur de 3,3 millions de dollars à 13, 4 millions de litres pour 10,6 millions de dollars.

Sur 8200 hectares de vignes cultivées, 40 % sont du tannat, un cépage donnant un vin d’un rouge profond, aux arômes de fruits rouges et noirs mûrs, qui se marie bien avec la viande de bœuf de ce petit pays d’élevage coincé entre le Brésil et l’Argentine.

Originaire du Madiran dans le sud-ouest de la France, le tannat a été introduit en Uruguay en 1870 par un Français d’origine basque, Pascual Harriague. Il s’est bien adapté au sol et au climat, et il permet aujourd’hui à l’Uruguay de posséder la plus grande surface cultivée de tannat au monde.

Le domaine Antigua Bodega Stagnari, dirigé par Virginia Stagnari, a été fondé en 1929 par son grand-père maternel, immigrant italien, et produit 140 000 litres de vin par an, dont 20 % sont exportés dans des points de vente gastronomiques. En tant que petit pays, l’Uruguay  ne pourra jamais miser sur la quantité. « Pour exporter, la qualité est primordiale », explique-t-elle.

Le domaine Bouza a fait le choix de se spécialiser uniquement dans les vins haut de gamme, ce qui lui permet d’exporter la moitié de sa production annuelle de 100 000 bouteilles aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique et en Argentine, mais aussi en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Belgique, et même à Dubaï, où certains sommeliers ont sélectionnés leurs vins pour satisfaire la curiosité de clients connaisseurs et exigeants, toujours avides de nouveautés.

Pour assurer un maximum de qualité, la production chez Bouza se fait sur des parcelles d’un demi-hectare maximum. De plus, « aucun produit chimique n’est utilisé sur le raisin », nous explique l’œnologue Eduardo Boido.

La crise économique mondiale a touché de plein fouet les producteurs uruguayens avec 2 millions de litres vendus pour 6 millions de dollars en 2009. « Le problème est le coût de production qui a un impact sur le prix final », selon Virginia Stagnari.

« Dans un pays de 3,5 millions d’habitants, il est difficile de réaliser des économies d’échelle », estime Ricardo Calvo, Président de l’Inavi.

En effet, comment rivaliser avec des pays comme le Chili où la société Concha Y Toro possède à elle seule la même surface de vignobles que l’ensemble de l’Uruguay et ses 1800 producteurs, tout en produisant deux fois plus ?

« En continuant de parier sur la qualité », pense Elisa Trabal de Bouza. Selon elle, si les prix des vins de table uruguayens sont en moyenne plus chers que les autres, les vins haut de gamme sont tout à fait compétitifs.

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