Pourquoi les vins français souffrent-ils à l’exportation ?

Les vins français sont de moins en moins appréciés dans le monde, alors que le nombre de pays producteurs ne cesse d’augmenter. Les experts estiment que la production mondiale pourrait augmenter de 4 % entre 2010 et 2012. Qui aurait pensé que l’Inde, la Chine et l’Argentine plantent de plus en plus de vignes pendant qu’en France les viticulteurs reçoivent des aides pour l’arrachage leurs pieds ? La France est le seul pays de l’Union Européenne dont le vignoble national a sérieusement diminué au cours des dernières années.

Pourquoi les pays du Nouveau Monde exportent-ils de plus en plus de vin ? Pourquoi leurs parts de marché ne cessent de croître au détriment des vins français ?

Les vins du Nouveau Monde gagnent des parts de marché grâce à leur stratégie marketing axée sur la demande des consommateurs. Leurs sociétés viticoles, tels que Constellation, Foster’s Group, Hardys…,  sont d’envergure mondiale et ont à leur disposition des budgets marketing colossaux. De plus, ses sociétés s’appuient sur une distribution continue et une qualité constante de leurs vins, année après année.

Le marketing demeure la meilleure arme des vins du Nouveau Monde. Ils ont réussi à se distinguer grâce à l’étiquetage de leurs bouteilles. Leur approche est simple : aider le consommateur à comprendre le vin en précisant les cépages utilisés lors de la vinification. Dès lors, nul besoin d’être un expert pour savoir ce que l’on va boire

De plus, le Nouveau Monde n’est pas soumis à des réglementations rigides et contraignantes, comme le système des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) en France. Leurs vins ne font pas appel à la notion de terroir qui associe des données aussi diverses que le climat, le sol et les heures d’ensoleillement.

Ainsi, les vignerons australiens communiquent sur les cépages et la région de production de leurs vins.

Evidemment, personne ne peut nier que le terroir joue un grand rôle dans le goût et les arômes du vin.  Mais, le cépage reste le facteur clef, le terroir étant davantage la marque de personnalité du vin. Sur un même vignoble, utiliser plus de merlot ou plus de cabernet sauvignon changera les arômes et les qualités gustatives du vin.

Le système des AOC garantit la qualité des vins en obligeant les vignerons à respecter un rendement plus faible à l’hectare, un taux d’alcool fixe, des procédures d’irrigation, mais aussi l’utilisation exclusive de cépages nobles. Alors pourquoi les producteurs français s’interdisent-ils d’indiquer les cépages sur l’étiquette de leurs bouteilles ?

Comme le relève Xavier de Eizaguirre, président du salon Vinexpo, « avec près de 500 AOC, les vins français sont considérés comme compliqués et peu compréhensibles. Les AOC – par exemple le Châteauneuf du Pape – autorisent les viticulteurs à cultiver jusqu’à 12 cépages différents. Qui, à part un expert peut se souvenir des cépages autorisés pour chacune des AOC ? Les vignerons français pratiquent  un marketing de l’offre qui ne prend pas en compte la demande des consommateurs.

Le Nouveau Monde est en train de donner une leçon de marketing au Vieux Continent, ajoute-t’il. Le vin est un produit complexe. La région viticole, les cépages, le vigneron, le domaine, ou encore le style du vin sont autant de caractéristiques que le consommateur doit se rappeler. Il est donc nécessaire de donner un maximum d’information au consommateur. Une étiquette doit l’aider, plutôt que le rendre indécis et stressé au moment de l’achat. »

[tweetmeme source= »InVinoCom »]

Publicités

3 Commentaires

Classé dans Commerce, Economie

3 réponses à “Pourquoi les vins français souffrent-ils à l’exportation ?

  1. Des messages simples et clairs aident, mais il peuvent être basés sur des cépages, des appellations ou des personnes.

    Pour le Champagne, c’est l’appellation qui est connue, pas les cépages. Quand on parle d’un Chardonnay Australien, le cépage est clé. Et quand on parle des vins de Michel Rolland ou des vins notés plus de 90 par Robert Parker, ce sont les personnes qui comptent.

    • Je suis entièrement d’accord avec votre point de vue sur les cépages et appellations qui sont importantes pour la renommée d’un vin.
      En revanche, concernant Robert Parker je me pose la question de sa succession… Qui sera en mesure d’atteindre le niveau de sa renommée ainsi que son influence auprès des consommateurs ?

      C’est le risque qui existe quand une entreprise ou un marché se base sur l’aura d’une personne. La tâche est loin d’être aisée pour le candidat à la succession.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s