Les vins et spiritueux ont soufferts en 2009 à l’étranger

Les exportations de vins et spiritueux ont baissé de 16,9 % l’an passé à 7,7 milliards d’euros. Le haut de gamme est particulièrement touché. Les producteurs français sont pénalisés par le maquis des appellations contrôlées et ne parviennent pas à produire à prix accessibles.

Le bilan des exportations en 2009

C’est finalement une vodka distillée à Cognac qui aura sauvé l’honneur des spiritueux français. La vodka est en effet le seul alcool dont les exportations ont progressé en 2009. Elles ont bondi de 13,7 %… uniquement grâce au succès de Grey Goose, la vodka « made in France » inventée par un Américain en 1997 et rachetée par Bacardi-Martini en 2004.

Cette progression masque une annus horribilis pour les vins et spiritueux français. En effet, les producteurs et négociants n’ont exporté l’an passé que 1,6 milliards de bouteilles (8,2 % de moins qu’en 2008) et 600 millions de de spiritueux (en baisse de 8,6 ). Une chute d’autant plus spectaculaire que le marché mondial est resté stable en 2009.

La dégringolade est encore plus spectaculaire en termes de chiffre d’affaires : les ventes ont reculé de 16,6 % à 7,74 milliards d’euros. Selon Claude de Jouvencel, Président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS), « les vins et spiritueux restent tout de même le troisième secteur excédentaire français derrière l’aéronautique et la parfumerie ». La filière a dégagé un excédent de 6,5 milliards d’euros. Les importations de spiritueux ont augmenté de 1 % grâce à la bonne santé du scotch, tandis que celles de vins, importés d’Espagne et du Portugal pour l’essentiel, n’ont reculé que de 6 %.

Une offre trop complexe

Les vins et spiritueux souffrent en fait de leur positionnement haut de gamme. Dans les champagnes, par exemple, ce sont les cuvées millésimées et de prestige qui ont le plus souffert avec un recul à l’export de 28 %. Les exportations de mousseux, dix fois moins importantes en valeur, sont stables. « Si les vins de Bordeaux ont autant reculé (23 % de baisse), c’est parce que la région n’a pas profité l’an passé des performances des  bouteilles millésimées 2005, qui s’étaient vendues au prix fort en 2008 », explique-t-on à la FEVS.

Toutefois, certains acteurs mettent aussi en cause la complexité de l’offre de vins français qui comptent pas moins de 400 appellations d’origine contrôlée. « Le vin est devenu un produit de masse et mondialisé. Les consommateurs ont déjà du mal à situer la France sur une carte, souligne Guillaume Ryckwaert, PDG du négociant Raphaël Michel. Comment voulez-vous leur faire comprendre la différence entre Gigondas et Vacqueras ? » Les producteurs ont encore du mal à s’adapter aux attentes des nouveaux consommateurs, qui préfèrent souvent les cépages (syrah, sauvignon…) aux terroirs.

« L’an passé, les consommateurs ont privilégié les produits meilleur marché, ce qui a favorisé les vins de pays et les vins de table », indique-t-on à la FEVS. Sur ces segments d’entrée de gamme, les producteurs français restent pourtant en général moins compétitifs que leurs concurrents du Nouveau Monde, capables d’offrir des bouteilles de meilleur rapport qualité-prix en volumes importants.

Les solutions à apporter

S’ils ne changent pas de stratégie, le salut pourrait venir, comme pour la vodka Grey Goose, des Américains qui imposeront leurs méthodes marketing pour redresser les exportations de vins français.

Pour remédier à cette mauvaise passe, Ubifrance, l’agence française pour le développement international des entreprises, préconise une double stratégie au final assez classique : miser sur les marchés traditionnels et les principaux clients (Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis et Belgique) de façon à « générer un chiffre d’affaires rapidement » et investir dans les pays émergents dont la Chine, le Brésil et la Russie « pour les relais de croissance durables qu’ils peuvent offrir sur le long terme

(Sources : Le Figaro, FEVS, Ubifrance)

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2 Commentaires

Classé dans Commerce

2 réponses à “Les vins et spiritueux ont soufferts en 2009 à l’étranger

  1. Lire le blog en entier, pretty good

  2. Merci pour votre commentaire Jozzy-Online. En espérant que les prochains articles continueront à vous intéresser….

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